L’art de la construction des murs en pierres sèches inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO

Le comité de l’UNESCO a inscrit l’art de la construction des murs en pierres sèches à son patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Une reconnaissance que le Valais compte bien mettre en avant pour valoriser le travail de nos vignerons.

Pour le Valais, qui recèle plus de 3000 kilomètres de murs en pierres sèches, cette décision consacre l’engagement de l’Etat qui soutient depuis quelques années plusieurs restaurations, notamment les murs de Bovernier, Martigny, Martigny-Combe, Fully, Vétroz, Sion, ou encore Visperterminen et Rarogne. «Ça montre que nous allons dans la bonne direction avec tous nos projets de sauvegarde», se réjouit Laurent Maret. Le chef de l’Office des améliorations structurelles relève aussi le rôle de l’Ecole cantonale d’agriculture qui a déjà mis sur pied une formation modulaire pour la construction des murs en pierres sèches dès 2004.

En 2001 déjà, SEREC avait réalisé pour le Canton du Valais une étude de faisabilité intitulée Sauvegarde des murs en pierres sèches et du vignoble en terrasses valaisan.  Et le bureau du Dr. Jean Pralong + Ass. SA Bureau d’ingénieurs civils avait publié en parallèle une étude technique intitulée : Les murs en pierres sèches.

Anne-Do Zufferey, directrice du Musée du vin du Valais, à l’origine de l’ouvrage «Murs de pierres, murs de vignes», avait réuni en 2012 une douzaine de coauteurs pour se pencher sur ce patrimoine en péril. Pour elle, «c’est une reconnaissance d’une technique traditionnelle qui date de plusieurs millénaires et qui s’est transmise de manière empirique. Un procédé qui a d’ailleurs failli disparaître dans les années septante où l’on a privilégié l’usage du béton. Heureusement, on s’est vite rendu compte des bénéfices de ce type de construction et l’Etat du Valais a contribué à leur sauvegarde.»

Du côté de l’Interprofession de la Vigne et du Vin, on compte bien utiliser cette inscription pour mettre en avant ce patrimoine exceptionnel. «Car ces murs sont aussi le symbole du courage et de la ténacité de nos vignerons», explique son directeur Gérard-Philippe Mabillard.

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La candidature transnationale rassemblait neuf gouvernements, à savoir Chypre, la Grèce, la France, l’Italie, l’Espagne, la Croatie, la Slovénie, la Bulgarie et la Suisse.

Source : Le Nouvelliste, 29.11.2018